« Beaucoup de légendes ont circulé sur la nature ou l’origine du bégaiement. Comme pour tout ce qui échappe à l’entendement, les croyances se sont multipliées. » écrit Marie-Claude Monfrais-Pfauwadel dans son livre Bégaiement, bégaiements : un manuel clinique et thérapeutique. On ne pourrait mieux résumer la situation : de nombreux stéréotypes à propos du bégaiement sont à déconstruire. Parce qu’ils nuisent en premier lieu aux personnes bègues qui sont désireuses d’apprendre à s’accepter et à mieux gérer leur condition, mais aussi parce qu’ils privent la société de la richesse de la différence de l’autre.
Parmi les stéréotypes les plus persistants, on note :
Le bégaiement est causé par le stress.
FAUX : le stress ne cause pas le bégaiement, mais il est vrai qu’il peut, dans certains cas, le moduler ou l’accentuer.
Le bégaiement est causé par un traumatisme de l’enfance.
FAUX : L’épidémiologie a clairement démontré que les personnes qui bégaient n’ont pas subi davantage de traumatismes de l’enfance que les personnes qui ne bégaient pas.
Les personnes qui bégaient sont moins intelligentes que les autres.
FAUX : Il n’y a absolument aucun lien entre l’intelligence et le bégaiement.
Le bégaiement se règle facilement, il suffit de suivre une thérapie.
FAUX : Généralement, les orthophonistes s’entendent pour dire que le bégaiement développemental persistant (donc le bégaiement ayant débuté pendant l’enfance et se poursuivant à l’âge adulte) ne peut disparaître totalement. Des techniques peuvent cependant être appliquées pour améliorer la fluidité et contribuer au développement d’une parole plus confortable. En somme, dans les cas de bégaiement développemental persistant, les thérapies ne doivent pas être vues comme un moyen d’éradiquer le bégaiement, mais plutôt de développer des stratégies efficaces pour améliorer sa communication et son bien-être.